Super, ihr habt den Hinweis zur Öffnung des Ausgangs gefunden:



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Dies ist der Hinweis damit ihr das Lösungswort-Anagram, also die drei Blöcke, übersetzen und korrekt anordnen könnt! Googelt einfach den folgenden Begriff: "l337 sp34k", um zu verstehen was die  Textzeichen bedeuten. Wenn ihr die Blöcke aus den drei Kompetenz-Checks richtig angeordnet habt, habt ihr das Lösungswort für den Ausgang aus dem Escape-Room! Ihr braucht das Lösungswort nicht zu übersetzen sondern sollte es in der l337sp34k Variante eingeben.

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Perspectives francophones

Karl Lagerfeld et Choupette
Photo: Instagram/Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld était l’un des plus grands créateurs de mode. Né à Hambourg, mort à Paris, les deux villes les plus importantes de sa vie. Son grand amour était le travail, le dessin et la création de mode, sans oublier son chat bien-aimé et sa muse Choupette. Dans son hommage à Karl Lagerfeld, Choupette raconte l’histoire de sa vie privée et sa relation en partie ambivalente avec les villes de Hambourg et Paris:

Karl, mon cher Karl,

Je ne peux même pas dire à quel point tu me manques. Personne ne me comprend aussi bien que toi, personne ne comprend mes besoins. J’aime me souvenir de nos dîners ensemble, tu prenais toujours soin de mon bien-être : cinq plats à choisir dans mes bols Goyard en argent tout près de toi à table.  J’aimais voler autour du monde avec toi dans ton jet privé et rendre visite au pilote dans le cockpit, mais c’était encore plus agréable de m’asseoir à côté de toi, dans mon sac Vuitton, à regarder le ciel bleu, juste nous deux en liberté. Parfois, j’ai remarqué que tu étais partagé entre divers sentiments. C’était à chaque fois que nous allions à Hambourg. J’ai remarqué à quel point cette ville comptait pour toi, mais aussi que tu ne voulais pas vraiment l’admettre. Tu n’as jamais aimé le mot “Heimat”, parce que tu étais chez toi dans le monde entier, mais tu as dit un jour : « Hambourg m’est si familier que je ne me demande même pas comment c’est et si ça me manque. Quand je navigue dans le port, j’ai l’impression que mon enfance est d’hier » ou « Je suis toujours le même stupide Hambourgeois”. Parfois, je me demandais pourquoi tu étais allé à Paris.

Tu n’aimais pas parler du passé, tu as toujours dit : “Pleurnicher sur ton passé, c’est le début d’un avenir disparu.” Mais dans ces moments d’intimité entre nous, tu m’as raconté ce qui t’est arrivé quand tu étais enfant à Hambourg.  Né le 10 septembre 1933 à Hambourg, tu as été envoyé par tes parents à Bad Bramstedt pendant la période difficile au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Mais tu étais toujours différent, très particulier, tu n’avais rien à voir avec les gamins de la campagne. Parfois, je regarde secrètement les vieilles photos de toi, un garçon si beau avec les cheveux longs, une veste de costume à grand revers et une cravate, alors que tous les autres garçons portent un gros débardeur sur leur chemisette. Je sais que tu détestais ces vieilles photos, mais elles m’aident à comprendre qui tu étais, comment tu étais devenu cette grande et brillante personne. Une fois, tu as dit qu’enfant, tu allais parfois au grenier où tu avais trouvé de vieux volumes de “Vogue” et des cartes de menu que tes parents avaient ramenés de leurs voyages internationaux. Je me souviens très bien de tes paroles : “Et puis j’ai rêvé de mon propre monde. Je voulais aller à Paris”. À l’époque, tu as décidé que personne ne pourrait t’arrêter. Tu as appris le français comme un fou et tu dessinais sans cesse, même pendant les cours. Ta mère a immédiatement reconnu ton talent et a fait de toi un créateur perfectionniste. Elle disait toujours : ” Hambourg est la porte du monde, mais ce n’est que la porte, alors dehors !”.  En 1953, elle t’a emmené à Paris, et peu de temps après, grâce à ton succès au  concours organisé par le Secrétariat de laine dans la catégorie « manteau », les portes des grandes maisons se sont ouvertes à toi, le jeune Allemand. Il n’est donc pas étonnant que tu devins plus tard celui qui réinventa l’esprit de Chanel et devint le grand couturier qu’on connaît.

Tu étais un phénomène et une exception : un créateur de mode allemand à Paris, juste après la Seconde Guerre mondiale, qui est devenu l’empereur franco-allemand “Kaiser Karl”. Ton attitude directe d’Allemand du Nord, en relation avec la fantaisie et la créativité françaises, a été la clé de ton internationalité, de ton succès.  J’ai passé ces derniers jours sur mon compte Twitter à lire tous les beaux mots que les gens écrivent sur toi. Anne Hidalgo, maire de Paris, a écrit : “Karl Lagerfeld était un génie. Plus qu’une incarnation de Paris, il était Paris ». Et Peter Tschentscher, maire de Hambourg, a écrit : “Karl Lagerfeld a mené sa vie en tant que citoyen du monde, mais a toujours maintenu le lien avec la ville de son enfance. Nous perdons un Hanséatique extraordinaire et un ambassadeur de Hambourg.”

Comme ils ont raison : tu as uni les nations par ton génie, ta mode. Tu as réussi à construire un pont franco-allemand. Je me souviens de notre dernier grand voyage, le défilé de mode à l’Elbphilharmonie en 2017, où tu as encore une fois montré à tout le monde que Hambourg est comme « un papier peint dans ton cerveau », ton histoire personnelle. Ta mode parisienne à Hambourg, un hommage aux deux villes les plus importantes de ta vie, un cadeau d’adieu.

Karl, mon cher Karl,  « Hamburger Jung » et grand créateur de mode parisien, vous étiez tous les deux une seule personne. Tu étais un talent exceptionnel, ton ingéniosité nous manquera à tous. Ton travail a été ta vie, ton grand amour et il nous rappellera toujours ton souvenir. C’est un honneur pour moi d’avoir été ta seule vraie muse.

Avec tout mon amour, Choupette.

Cet article a été rédigé par Lucie H., étudiante en Romanistique à l’Université de Hambourg.

Un travail réalisé dans le cadre du projet “Französisch auf der Spur: Digitale Schnappschüsse an der Universität und in der Stadt”, avec le soutien du Jubiläumsfonds de l’Université de Hambourg, qui fête ses 100 ans en 2019.

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