Super, ihr habt den Hinweis zur Öffnung des Ausgangs gefunden:



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Dies ist der Hinweis damit ihr das Lösungswort-Anagram, also die drei Blöcke, übersetzen und korrekt anordnen könnt! Googelt einfach den folgenden Begriff: "l337 sp34k", um zu verstehen was die  Textzeichen bedeuten. Wenn ihr die Blöcke aus den drei Kompetenz-Checks richtig angeordnet habt, habt ihr das Lösungswort für den Ausgang aus dem Escape-Room! Ihr braucht das Lösungswort nicht zu übersetzen sondern sollte es in der l337sp34k Variante eingeben.

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Perspectives francophones

Impression, Soleil levant.
Tableau peint à l’huile de Claude Monet

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Un soir d’automne comme ceux que l’on aime tant, une atmosphère douce et agréable, une peinture des plus marquantes, une personnalité hors du commun. Simplement la promesse d’un avenir révélateur.

Un ciel couchant m’apaisant de toute part. Un souffle léger balayant le visage. Le regard tourné vers l’horizon. Les yeux éblouis par les reflets scintillants de l’eau. Cette Seine infinie, calme et tranquille. Ces couleurs d’automne aussi puissantes les unes que les autres. Alors je passai le seuil de ma porte et avançai pas à pas, les idées vagabondes, vers ce qui faisait battre mon cœur chaque jour. Ce petit bout de jardin de Giverny parsemé de flaques, de marais et de joncs. Ce petit pont me permettant de déambuler dans cet espace renfermant mille et une surprises. Ces arbres, ces arbustes, ces buissons. Tant de couleurs attirant mon regard. Cette eau toujours changeante. Ces reflets si brefs et si beaux. Prudemment, les pieds au bord de l’étang, je touchai avec tendresse les minces feuilles des nymphéas et saisis avec précaution une de leurs fleurs. Rose pâle, rose vif, jaune au milieu. Tout à coup, la douce voix d’Alice résonna dans mon dos. La lettre est arrivée aujourd’hui. La nouvelle d’un avenir lointain et incertain. Monsieur Lichtwark, célèbre historien de l’art, donnait suite à notre précédente rencontre. Rencontre à l’occasion d’une exposition récente de mes amis Manet, Sisley, Renoir et Bazille. De grands hommes respectables tout du moins. Monsieur Lichtwark, ainsi que quelques-uns de ses camarades, avaient alors voyagé longuement depuis Hambourg jusque Paris afin de découvrir notre art « nouveau ». Art tout d’abord critiqué ; depuis peu acclamé et aimé par le grand public français. Art que nous avons tenté, sans aucune modestie de ma part, de développer ensemble. Peut-être pourrions-nous caractériser nos petits tableaux d’œuvres impressionnistes. Cherchant toujours des angles de vue inhabituels. Usant de traits de pinceau visibles. Reproduisant les impressions fugitives des paysages. Enfin, apportant lumière et profondeur dans la composition. Quoiqu’il en soit, le fait était que Monsieur Lichtwark voulait de nouveau nous rendre visite et qu’il annonçait de belles opportunités à venir.

Après de longues discussions empreintes d’incompréhension et de patience indubitable, le souhait des peintres et historiens allemands était clair : il fallait nous rendre à Hambourg pour exposer nos œuvres, mais également afin de contempler les leurs. Mes amis et moi-même n’étions pas prêts à entendre une telle proposition. Doute et crainte envahissaient nos esprits. Bazille n’était pas partant, Sisley avait les mains moites, Manet ne disait mot, Renoir gardait le regard baissé. De longues minutes d’hésitation me saisirent, mais alors, enfin : « Nous viendrons avec plaisir ! » m’exclamai-je à demi confiant, à demi enthousiasmé. 

Les artistes allemands demandèrent sans plus attendre les enchères. Le style artistique leur plaisait beaucoup. « Cet art original ! Du jamais vu ! » s’exclamait Monsieur Lichtwark en allemand, la main droit levée, les yeux grands ouverts, le sourire aux lèvres. Puis il poursuivait : « Cela va sans aucun doute plaire à nos collaborateurs. Imaginez-vous l’exposition incroyable d’œuvres importées de France à Hambourg. Une exposition inédite sous le nom de… ‘Impressionne-moi’. Le succès immédiat ! Je vous le dis ! ».

Quelques semaines plus tard, mes amis et moi-même étions debout devant la gare centrale de la ville aux mille canaux. Le regard un peu perdu, les jambes molles, nous transportâmes avec effort les quelques tableaux que nous avions réunis avant notre départ. Monsieur Lichtwark nous fit une visite succincte, mais voilà que, déjà, l’heure arrivait. L’heure à laquelle nous devions présenter nos œuvres. L’heure à laquelle le destin de notre art allait se jouer. Tout nous déstabilisait à cet instant dans cet inconnu incroyablement grand : le pays, la ville, la langue, la culture, l’architecture, l’art et l’état d’esprit. Le bâtiment se trouvait déjà devant nos yeux : la Kunsthalle elle-même. Bâtisse aux innombrables briques rouges sombres, aux colonnes massives et à l’entrée impressionnante. Directeurs, peintres, et hommes habillés de costumes nous attendaient, l’air joyeux, l’air allemand. Alors se déroulèrent nombre de discours, de remerciements et de bienséances. Les enchères ne tardèrent pas à venir et alors, on amena les tableaux de notre ami Renoir. « À cheval dans le bois de Boulogne ». Le silence se fit. Chacun observant de son œil acéré la toile. Certes, nous avions opté pour un tableau ne bousculant pas trop les mœurs artistiques de l’époque. Des coups de pinceau visibles, des impressions fugitives : une image pleine de vivacité et de couleurs mouvantes. Tout y était. Après de longues minutes d’attente où notre cœur se serrait toujours un peu plus, des cous se tendirent, des regards s’intensifièrent, enfin, des mains se levèrent. Les enchères commencèrent. Manet, Sisley, Renoir, Bazille et moi-même échangeâmes des regards emplis de joie et d’espoir. Un art était né. À chaque tableau, les demandes et offres ne cessaient plus. Une salle pleine d’entrain et d’enthousiasme. Notre art était né. Notre art était reconnu. Un an après, le 14 novembre 1874, sur le fronton de la Kunsthalle et sur tous les panneaux de Hambourg était lisible cet écriteau : « Exposition inédite de peintres français : Impressionne-moi ! ».

Cet article a été rédigé par Lucie B., étudiante en Licence Langue allemande et Cultures Étrangères à l’Université de Strasbourg (LLCE Allemand).

Découvrez ici en images les deux tableaux préférés de l’auteure de cet article d’écriture créative.

Un travail réalisé dans le cadre du projet “Französisch auf der Spur: Digitale Schnappschüsse an der Universität und in der Stadt”, avec le soutien du Jubiläumsfonds de l’Université de Hambourg, qui fête ses 100 ans en 2019.

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