Super, ihr habt den Hinweis zur Öffnung des Ausgangs gefunden:



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Dies ist der Hinweis damit ihr das Lösungswort-Anagram, also die drei Blöcke, übersetzen und korrekt anordnen könnt! Googelt einfach den folgenden Begriff: "l337 sp34k", um zu verstehen was die  Textzeichen bedeuten. Wenn ihr die Blöcke aus den drei Kompetenz-Checks richtig angeordnet habt, habt ihr das Lösungswort für den Ausgang aus dem Escape-Room! Ihr braucht das Lösungswort nicht zu übersetzen sondern sollte es in der l337sp34k Variante eingeben.

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Perspectives francophones

« Le français pourra être la première langue du monde. Relevons ce défi ensemble ! » (E. Macron)

Déclaration optimiste ou message clair contre l’éternel ennemi menaçant : la langue anglaise ? Si l’on regarde les langues les plus parlées par le nombre de locuteurs dans le monde, le français atteint le cinquième rang après le mandarin, l’espagnol, l’anglais et l’arabe. Contrairement à l’hypothèse selon laquelle le français serait menacé, le Président de la République française, Emmanuel Macron, semble croire avec vigueur à sa progression, du moins si l’on en croit son compte Twitter et son discours à l’Université de Ouagadougou en novembre 2017. C’est assez étonnant, quand on considère que pendant son discours sur l’ambition pour la langue française et le plurilinguisme en mars 2018 à l’Institut de France, Macron a « également vanté  la diversité culturelle et linguistique. Il a même explicitement souligné que la France s’était libérée de sa position hégémonique par rapport à la francophonie. S’agit-il donc d’une déclaration inoffensive et transnationale ou bien se cache-t-il un peu de nationalisme linguistique derrière ses mots ?

« Le centre […] est désormais partout, aux quatre coins du monde. Fin de la francophonie. Et naissance d’une littérature-monde en français. » (Manifeste)

Commençons par le début, avant même que Macron ait été élu Président. Souvenons-nous qu’en 2007, 44 écrivains de langue française ont signé un manifeste exigeant d’abolir le terme « francophone », qui est souvent utilisé avec une connotation condescendante dans une perspective franco-centrée pour désigner et marginaliser tout ce qui ne vient pas de l’hexagone, par exemple la littérature ou tout autre capital culturel. Comme le mot est toujours lié à une mentalité impérialiste, les écrivains proposent de parler plutôt d’une littérature-monde en français. Parmi les signataires, on trouve Tahar Ben Jelloun, Alain Mabanckou, Wajdi Mouawad, Dany Laferrière et Abdourahman Waberi.

Les réponses au manifeste sont multiples et diverses, elles exigent d’agir au niveau politique. Dix ans plus tard, le problème n’a toujours pas été résolu et un nouveau candidat apparaît sur le plan présidentiel et avec lui une jeune femme qui n’est pas inconnue du monde littéraire : Leïla Slimani. Elle est née en 1981 à Rabat, capitale du Maroc.  En 1999, elle part faire ses études en France. En métropole, elle se forme en politique et médias. Ensuite, Slimani travaille comme journaliste pour le magazine Jeune Afrique et écrit des articles concernant le Maghreb.  Avec son roman Chanson douce, Slimani attire l’attention du public grâce à l’obtention du Prix Goncourt (2016). Nul autre que l’ancien Président Hollande l’a invitée à participer à un déjeuner à l’Elysée avec le roi du Maroc. Mais son successeur avait déjà jeté un œil sur la jeune et éloquente écrivaine. Après avoir soutenu Macron dans l’élection présidentielle contre Marine Le Pen et le Front National, elle a refusé le poste de ministre de la culture que Macron lui proposait. Cependant, Slimani accepte un autre poste, celui de représentante personnelle du président pour la francophonie. C’est-à-dire qu’elle sera chargée de promouvoir la langue de Molière, la diversité culturelle et de défendre l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits de l’homme.  Il s’agit d’une activité bénévole, sans ministère et sans bureau. Son rôle est surtout représentatif, elle n’est pas impliquée dans les affaires politiques – comme elle le dit en insistant lors d’un interview avec la BBC en février 2019.

« Je suis pour le plurilinguisme, pour une langue française qui n’est pas arrogante, qui se met à égalité avec les autres langues, qui partage, qui se mette à discuter. » (L. Slimani)

À ce propos, rappelons-nous que la francophonie ne désigne pas seulement l’ensemble constitué par les populations francophones, les pays qui utilisent le français comme langue maternelle, langue administrative ou langue de culture. Il existe aussi d’autres communautés linguistiques comme l’hispanophonie ou la lusophonie – mais aucune entre elles ne possède un concept semblable à celui de la francophonie. Derrière ce mot se cache toute une organisation : l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), constituée par 88 États et gouvernements membres dont le dénominateur commun est la langue française. Des critiques reprochent à la France d’assurer ses intérêts politiques et parlent du caractère géopolitique de l’OIF, pendant que les défenseurs s’appuient sur les objectifs de l’organisation : promouvoir la paix, la langue et la diversité culturelle, faire avancer la démocratie et les droits de l’homme et finalement soutenir l’éducation et la formation.

Revenons à Leïla Slimani. Était-ce une décision calculée du Président Macron d’embarquer l’écrivaine dans son projet ? En tout cas, cela ne peut pas faire de mal d’avoir une femme à ses côtés qui personnifie la multiculturalité et qui n’est pas à court de mots quand on se trouve accusé d’un comportement impérialiste et néocolonial. Quoi qu’il en soit, comme indiqué ci-dessus, regardons maintenant de plus près le discours d’Emmanuel Macron à l’Académie française lors de la journée de la francophonie.

Après avoir rendu hommage à la langue française, il présente son « ambitieuse stratégie » pour assurer le rôle du français dans le monde. Elle est basée sur les fondements suivants :

Premièrement apprendre, cela signifie augmenter les investissements dans l’éducation, les cours de français à l’école, à l’université et pour les réfugiés. Bonne idée. A la condition de « soumettre à ces règles […] les usages que d’autres femmes et hommes en ont fait ». Il y a juste un problème dans ce cas : qui détermine les règles, la France comme « pays natal » ? Et si cela représente une condition essentielle, quel impact aura-t-elle sur la diversité linguistique ?

Deuxièmement communiquer, cela veut dire consolider l’usage du français sur Internet, faciliter l’accès au contenu culturel et linguistique, soutenir les médias francophones et renforcer le français comme langue d’économie et de diplomatie.

Finalement créer, au sens de la création culturelle comme par exemple l’écriture cinématographique et la production littéraire et le fait de rendre la circulation des talents davantage possible, etc.

À l’aide de ces trois piliers, le français deviendrait une « langue qui crée le monde de demain », qui irait se frayer le chemin à la pointe au niveau mondial. Une chose est claire, Macron ne veut pas renoncer au terme « francophone » comme certains écrivains l’ont exigé dans le manifeste Pour une littérature-monde en français, il est plutôt inspiré par les critiques et désigne le français désormais comme une langue-monde.

Par ailleurs, il est intéressant que Macron décrive l’histoire de la langue français comme toujours en « cohabitation avec les autres langues […] nous n’avons jamais été une langue unique complètement ou hégémonique totalement ». L’histoire stricte de la politique linguistique en France a été balayée d’un seul coup.

Emmanuel Macron veut sans doute changer l’image un peu tombée en discrédit de la francophonie, mais il ne sert à rien de s’affirmer avec une nouvelle ambassadrice pour la langue si on ignore l’histoire de son pays et si on n’arrive pas à abandonner une certaine forme de pensée. Certes, le français fait partie de multiples cultures partout dans le monde et c’est un lien qui peut rapprocher les peuples, mais il ne s’agit pas de gagner une compétition ou de dominer le monde. La langue n’est pas une propriété, il vaut mieux apprendre à lâcher prise.

Cet article a été rédigé par Nuria Mundt, étudiante en Etudes francophones à l’Université de Hambourg, dans le cadre du projet “Atelier des Mondes francophones : aux marges du Sahara” (semestre d’hiver 2019/2020).